Carnet de voyage: 10 jours intenses à La Réunion

« La Réunion, c’est un résumé du Monde. » nous lâcha Philippe, notre guide, en pleine pause pique-nique au milieu de notre randonnée dans le cirque de Mafate. Comme moi à cet instant, vous verrez dans cette phrase un élan de chauvinisme d’un homme amoureux de sa région, n’hésitant pas à en faire un peu trop pour la promouvoir. Moi même originaire du Sud de la France, je suis assez coutumier du fait puisque j’entends souvent que le soleil de Marseille brille 500 jours par an et qu’un jour « Le Monde parlera Marseillais ».

 

Il m’aura fallu seulement quelques jours pour me rendre compte que ses mots étaient mûrement réfléchis et synthétisent de fort belle manière la réalité de cette île hors du commun.

Car oui, La Réunion, par son histoire naturelle et humaine, regroupe les conditions d’un passé unique pour mériter son surnom « d’île Intense ». Une île « jeune » sortie de l’eau il y a deux millions d’années, escale imprévue des premiers explorateurs et terre d’esclavage après sa colonisation par l’Homme, La Réunion est aujourd’hui la terre d’un métissage surprenant, des Hommes qui la peuplent à sa flore impressionnante de diversité.

On vous emmène avec nous sur ce joyau préservé de l’Océan Indien que l’on a eu la chance de parcourir pendant 10 jours. Bien entendu, ceci est NOTRE expérience durant CE séjour, elle a vocation à vous inspirer, nous avons fait de notre mieux pour vous croquer un instantané à 360 degrés de la destination mais il y a autant d’expériences possibles là bas qu’il y a de caractères de voyageurs. Selon vos envies, sportives ou épicuriennes, où selon la saison, on vous invite à découvrir par vous même La Réunion et ses merveilles pour en faire VOTRE coup de coeur.

 
 
La Réunion, c’est un résumé du monde
— Philippe T.
 

Ci-dessous, notre film sur la destination ;-)

 
 
 

Jour 1 - Le lagon et son coucher de soleil

C’est avec Air Austral que nous avons posé le pied sur le sol réunionnais, après 11h de vol confortables. Le décalage horaire n’étant que de 3h par rapport à la métropole, pas d’effet « jet-lag » pour venir gâcher les premiers jours de voyage. 

Notre premier contact avec une particularité de l’île c’est sur la route du transfert à l’hôtel que nous le vivrons. Sur 40km l’air chaud et un grand ciel bleu nous accompagnent, laissant instantanément place à une pluie torrentielle et fraiche qui s’arrête sans même avoir le temps de poser la question. « C’est les micro-climats. Il y en a plus de 200 à La Réunion » anticipa Phillipe, vous l’aurez déjà deviné.

 
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Il est 16h30 lorsque nous arrivons à l’hôtel Dina Morgabine, à Saint-Gilles dans l’Ouest de l’île. Il nous reste 1h30 avant que le soleil se couche, alors pas de temps à perdre: direction le lagon à quelques minutes de là pour en observer les coraux en Kayak transparent et profiter du coucher de soleil sur l’eau. 

Pour l’anecdote, pour prendre quelques photo du kayak au milieu du lagon, j’ai décidé de me mettre à l’eau dans une zone de sable propre entre deux massif coralliens pour éviter de m’écorcher les pieds et surtout pour ne pas risquer de détruire cet écosystème fragile. À un moment je sens quelque chose qui vient cogner plusieurs fois contre mon tibia. Un petit poisson, voyant un intrus à sa porte, me fonçait dessus pour me mettre des « coups de tête » et me maintenir à distance. En reculant de 10 cm il finissait par trouver la distance acceptable et retournait sur son porche pour guetter que je n’y revienne pas. J’en ai profité pour essayer de prendre avec la GoPro un souvenir de ce nouveau copain que j’ai affectueusement surnommé Zizou.

En guise de bienvenue, un coucher de soleil incroyablement coloré nous a raccompagné jusqu’à la berge pour conclure cette première journée.


 

À noter: 

  • Tout au long de l’année, la durée du jour varie très peu à La Réunion, le soleil se couche entre 18 et 19h30 selon la saison. Et Attention, dans l’Hémisphère Sud il disparait très vite derrière l’horizon donc soyez à l’heure pour ne pas rater le spectacle!

  • Choisissez une crème solaire eco-friendly, car les produits chimiques que contiennent les crèmes solaires habituelles, détruisent les coraux. C’est bien sûr un réflexe à adopter en général, pas seulement lorsque vous vous baignez dans un lagon. Les océans mais aussi votre peau vous remercieront! 

  • Véritable coup de coeur pour la cuisine du restaurant du Dina Morgabine !

 

 
 

JOUR 2 - le trésor de Mafate

On rentre dans le vif du sujet rapidement avec une journée qui s’annonce mémorable: une randonnée de 4h dans le Cirque de Mafate et un retour en hélicoptère qui nous permettra de survoler les trois cirques mythiques qui entourent le point culminant de l’île, le Piton des Neiges.

Les cirques sont le résultat d’effondrements tectoniques aux abords des volcans combinés à l’érosion torrentielle. Un phénomène géologique qui a en quelque sorte créé ces vallées en forme de bols au centre de l’île. 

Mafate a la particularité d’être un joyau qui se mérite plus que les autres. Accessible uniquement à pied ou en hélicoptère, contrairement aux deux autres (Cirque de Salazie et Cirque de Cilaos) que l’on peut atteindre par la route.  Plusieurs sentiers de randonnées rejoignent le coeur de Mafate, que l’on parte de l’Ouest ou du Nord de l’île, il y en a pour tous les goûts et tous les niveaux de difficulté.

 
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C’est en 4x4 que l’on débute la matinée, en remontant le lit de la rivière des Galets depuis l’Ouest vers la confluence de Deux Bras, qui marque le début de la marche. Des souvenirs de Nouvelle-Zélande me reviennent dans ce cadre, une roche parfois grise presque argentée sous le soleil qui s’élève, envahie d’une végétation luxuriante nous dépaysent en quelques secondes. Intérieurement, je peste un peu d’avoir un si beau temps. Vous vous demandez si je suis fou, je sais… mais je n’y peux rien, en tant que photographe, j’ai développé depuis des années une préférence pour les ciels couverts, les ambiances orageuses ou légèrement brumeuses pour ce genre d’endroits. Les contrastes et les nuances de verts ne sont pas les mêmes sous une lumière douce, filtrée par les nuages que sous la lumière dure d’un soleil de plomb et les ombres bleutées qu’il projette.

Philippe est là et nous accompagnera tout notre séjour pour nous distiller son savoir intarissable sur absolument tout. Sans rire, moi qui ai toujours voulu découvrir les choses par moi même lors de mes voyages, j’ai compris grâce à lui l’interêt d’être accompagné d’un guide, en tout cas d’un super guide comme l’est Phillipe. Le paysage qui s’offre à nous devient alors une source incroyable de connaissances, qui donne à la randonnée une valeur bien supérieure au seul besoin d’évasion, de sportivité ou d’esthétique photographique. 

Je ne vous étalerai pas ici dans le détail tout ce que nous avons appris au niveau botanique ou sur le plan historique mais je peux vous dire qu’il y a eu peu de silence durant les 4h de randonnée.

 
 
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Si je ne devais mentionner qu’une seule chose bluffante que j’ai appris ce jour là sur Mafate, comme sur les autres cirques c’est qu’il est habité depuis que les premiers esclaves ayant pris la fuite s’y sont réfugiés, et certains de leur descendants y sont encore installés ayant depuis construits pleins de petits villages appelés communément « îlets ». Une population isolée du monde, ravitaillée par hélicoptère ou après une longue marche, qui s’est ouverte petit à petit au tourisme des curieux en recherche d’authenticité. C’est pour cela que vous trouverez sur votre route dans ce cadre unique, plusieurs gîtes et auberges pour vous accueillir et reposer vos jambes (à réserver à l’avance bien entendu).

Après une pause baignade à mi-chemin dans un bassin naturel à l'eau turquoise (oui oui) un premier contact avec la gastronomie locale signera la fin de notre marche une fois arrivés au joli village de Cayenne. C’est assis sur le perron d’une minuscule Eglise (oui, même là bas) que j’observe des gamins jouer au foot devant les maisonnettes colorées qui surplombent les 500 mètres de vide qui nous séparent de la rivière que nous avons quitté - tout en enfilant une douzaine de bouchons réunionnais et la même quantité de samoussas, délicieux étendards de la mixité culturelle et gastronomique de l’île. Un pique-nique qui restera d’autant plus gravé dans nos mémoires, car il est déjà l’heure de rejoindre le point de rendez-vous où viendra nous chercher l’hélicoptère.

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Une arrivée digne d’Apocalypse Now du pilote de Corail Hélicoptères, et voilà qu’on embarque sous le souffle puissant des pales pour un survol qui se passe de mots. 

Un seul regret en ce qui me concerne, ne sachant pas choisir entre prendre des photos, filmer ou écouter les informations que me transmet Philippe dans le casque pour mieux comprendre ce que je vois… je n’ai rien fait correctement. Embrouillé par tant d’excitation, le vol d’une quinzaine de minutes m’a semblé durer 10 secondes. 

C’est avec un peu de repos et un festin de poissons à l’hôtel que nous terminerons la journée.

 
 
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À noter: 

  • Vous pouvez faire des randonnées de plusieurs jours dans Mafate qui regorge de sentiers et d’îlets avec chacun leur charme et leur unicité, avec ou sans hélicoptère bien sûr! À vous de faire sur mesure le programme qui vous convient. ;)

  • Les cirques et les pitons de La Réunion sont classés au patrimoine naturel mondial de l’UNESCO depuis 2010

Je vous invite d’ailleurs à découvrir le très bel article des Best Jobers qui ont découvert La Réunion quelques semaines avant nous. Leur expérience est encore différente de la notre, ne serait ce que sur la seule randonnée à Mafate qu’ils ont entamé depuis le Nord. Pour vous montrer qu’il y a autant de façons de vivre La Réunion que ce qu’elle compte de micro-climats! En plus, ils donnent plein d’infos pratiques sur chacune de leur destinations, un must pour préparer vos voyages :)


 
 

Jour 3 - LE GRAND BLEU

C’est avec les souvenirs de la journée plein les mots que l’on se réveille avec la perspective d’une nouvelle journée d’ennui: Il est l’heure d’aller observer des dauphins dans le grand bleu de l’Océan Indien. 

On rencontre Manu, fondateur de Duocéan, personnage passionnant et passionné, engagé pour le respect de la Nature par des convictions aussi belles que simples: ses sorties ne sont pas un divertissement à sens unique pour le touriste en mal de sensations fortes, elles se font sous l’égide d’une rencontre inter-espèces. Il prône une sortie « d’observation »  des dauphins et non de « nage avec les dauphins », ce qui, pour de multiples raisons, fait toute la différence sur l’impact néfaste que l’Homme peut avoir sur son environnement. 

Une fois au large, Jo le capitaine du bateau aperçoit la première colonie de dauphins. La stratégie est simple: il nous faut prendre de l’avance en les contournant et nous placer sur leur trajectoire potentielle. La discipline et le calme doit faire le reste pour que l’expérience soit la plus mémorable possible, les dauphins éviteront naturellement des nageurs agités et brusques. A contrario, leur curiosité bien connue les poussera à nous observer en nous frôlant de prêt. 

 
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La peur d’affronter le vertige provoqué par l’immensité bleue poussa Tamara à rester sur le bateau lors de la première mise à l’eau. Une appréhension légitime, le premier contact avec ce bleu infini est étourdissant mais contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’est pas de l’angoisse mais un sentiment paisible qui s’empare de vous, une sensation de légèreté de l’âme face à la beauté indomptable de l’Océan. À ce moment précis on ne peut que comprendre sa position, notre présence est seulement tolérée par un hôte qui nous dépasse, un hôte à qui l’on doit le respect le plus absolu.

Mes larmes de joie se seraient certainement vues si je n’avais pas la tête sous l’eau lorsque la colonie de dauphin défila devant mes yeux écarquillés.

L’exaltation partagée par le groupe au moment de remonter sur le bateau finit par convaincre Tamara de se jeter à l’eau à son tour, pour son plus grand bonheur. En 3h et une quinzaine de mise à l’eau, La Réunion nous a offert l’opportunité d’un baptême incroyable, un nouveau concentré de beauté et de savoir.

NB: Vous déplorerez certainement le peu de photos pour illustrer cette sortie. La photo sous-marine nécessitant un équipement particulier et coûteux dont on ne dispose malheureusement pas. Nous avions quand même la GoPro avec nous et on a pu ramener quelques images que vous pouvez voir dans notre film en début d’article!

 

À noter:

  • À partir de fin Juin jusqu’à mi-Septembre vous pouvez vivre une expérience similaire… avec des baleines. Elles viennent mettre bas dans la chaleur des eaux proches des côtes de l’île. Un spectacle que nous rêvons de revenir voir un jour. 

  • Les valeurs défendues par Duocéan sont primordiales, lors de vos voyages dans des destinations proposant des sorties similaires renseignez vous pour trouver les bons prestataires et ne pas faire le jeu des marchands d’adrénaline qui ne respectent rien et maltraitent les animaux. Au même titre qu’il ne faut pas monter à dos d’éléphants en Asie, faire un câlin à un tigre enfermé et drogué dans une cage, il ne faut pas sauter sur le dos d’un dauphin et s’accrocher à sa nageoire. CQFD.


 

On se remettra de nos émotions tranquillement l’après-midi en découvrant les sites naturels qui jalonnent la côte Ouest. La plage de sable volcanique de l’Étang-Salé et les coulées de lave pétrifiées par l’Océan que l’on peut voir au Gouffre et à la Pointe-au-Sel offrent un spectacle de couleurs splendides. Un noir profond et un bleu intense composent une palette caractéristique du paysage côtier de l’île. Une palette que l’Ouest et ses merveilleux coucher de soleil, vient compléter de nuances chaudes dans le ciel. 

 
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Nous n’aurons pas le temps de visiter Cilaos le lendemain mais nous irons passer la nuit la plus insolite du séjour en altitude à Kaz’Insolite (qui porte bien son nom)  à deux minutes de la fenêtre des Makes qui offre un panorama imprenable sur le cirque. 

La particularité de cet endroit? Dormir dans une bulle en scrutant les étoiles. Une équipe au top, jeune et dynamique nous accueille pour le repas qui est suivi d’un cours d’astronomie pour ceux qui le désirent. Tour à tour nous aurons le privilège immense de pouvoir observer des constellations que l’on ne peut voir que depuis l’Hémisphère sud. 

 

 
 

Jour 4 - Le Sud Sauvage

Il est temps de quitter l’Ouest et de prendre la route pour le Sud sauvage. En traversant Saint-Pierre, on tombe par chance sur une cérémonie hindoue célébrée par la communauté Tamoule: le Cavadee. Précédée d’une période de jeûne, ce rituel de purification symbolise le dur chemin de la spiritualité. Des processions de pénitents, la peau transpercée d’aiguilles et le corps décoré de composition florales colorées ont lieu durant une dizaine de jours en l’honneur des dieux. Avant de venir à La Réunion, notre souhait était de voir la cérémonie de marche sur le feu des Malbars, mais le calendrier des fêtes religieuses ne coïncidait pas. Pour notre plus grand plaisir, on a pu profiter quelques minutes d’une autre cérémonie et de la richesse culturelle de cette communauté qui représente plus de 25% de la population réunionnaise. 

 
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À l’instar des paysages de la veille, notre prochaine étape, Cap Méchant, surenchérit encore sur la palette de couleur. Les teintes de vert et de marron des centaines de Pandanus s’ajoutent au duel incessant du bleu et du noir. Plus grandes, plus hautes, les falaises noires résistent au fracas des vagues qui, avec le temps, finissent par les creuser. On aperçoit au loin sur le relief volcanique, les longues cannes à pêche pointées comme des flèches vers le ciel.

L’endroit est si beau qu’on en oublie l’heure qui tourne, bercés par le bruit des vagues. Il est temps pour nous de rejoindre la fraicheur des hauteurs au village de Grand Coude. Partis du niveau zéro, la route nous mène en quelques dizaines de minutes à notre prochain point de chute à plus de 1000m d’altitude. Le Labyrinthe en Champ thé nous ouvre ses portes et Yohann nous guidera sur la propriété familiale à la découverte du thé, de son histoire et de ses caractéristiques.

 
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Outre le fait de nous faire découvrir que le théier est un arbre à l’état sauvage, dont est d’ailleurs entièrement composé le labyrinthe, Yohan nous apprend le premier, deux choses primordiales sur La Réunion, que l’on retrouvera dans les prochaines étapes de notre voyage:

  • La première c’est que, dans l’agriculture qu’elle pratique, ne pouvant être compétitive avec ses voisins africains et asiatiques, le coût de la main d’oeuvre étant bien trop élevé, La Réunion est vouée à l’excellence. C’est pour cela que l’on ne trouve sur l’exploitation que des produits d’exception dont la quintessence s’exprime dans le thé blanc impérial. Encore plus étonnant, le coeur de la tradition familiale chez Yohan est la culture du géranium, qu’ils transforment en infusion ou en huiles essentielles. Moi qui ne connaissais que la fonction décorative du géranium qui vient briser la monotonie des tristes balcons citadins, j’ai découvert la noblesse de cette plante, aux odeurs puissantes et aux bienfaits renommés. 

  • La seconde c’est que tout pousse à La Réunion. Et dans son équilibre naturel presque parfait, l’île a plein de secrets à nous révéler. Attaché à sa culture créole, Yohan transmet avec passion les connaissances de ses ancêtres qui maitrisaient la richesse d’une pharmacopée presque infinie, pour ne pas qu’elles sombrent dans l’oubli. Avec plus de 3000 plantes endémiques et une adaptation incroyable de la plupart des plantes exotiques, l’île est reconnue pour sa biodiversité sans pareil. Le recensement de près de 600 plantes médicinales utilisées par les anciens tisaneurs créoles est d’ailleurs vu aujourd’hui comme une aubaine par certains laboratoires pharmaceutiques.

 
 
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La journée se terminera sur la plage de Grande Anse, la seule plage de cocotiers de l’île pour admirer une nouvelle fois le soleil fondre jusqu’à l’obscurité.

 
 
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Jour 5 - Un jour sur mars

C’est au pied de l’eau et dans les embruns marins qu’on émerge de notre nuit à Saint-Pierre. Point de départ d’une journée emblématique puisqu’on s’apprête à rendre visite à l’incontournable Piton de la fournaise. 

Nul besoin d’en dire trop ici, parfois de belles images valent mieux qu’un long discours. Marcher sur les flancs d’un des volcans les plus actifs du monde ça vous tente? Vous ne serez pas déçus, on vous le promet. Le poème commence par la route pour s’y rendre, après un bel enchainement de virages, la plaine des Cafres se dévoile où des pâturages défilent à perte de vue sur les hauts plateaux. Vous n’aurez pas le temps de vous demander si vous êtes bien réveillés après avoir aperçus quelques vaches, que cette petite route de Normandie vous mènera tout droit… sur Mars. Non, promis, je n’ai pas abusé des bienfaits de la pharmacopée réunionnaise en vous écrivant ces lignes. 

 
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Je vous laisse juger par vous même la majesté du lieu et faire vos recherches sur le volcan, la formation de son environnement etc… Sachez qu’une fois arrivés au parking du pas de Bellecombe, pour les plus fainéants vous pouvez vous contenter d’une vue imprenable sur le  volcan depuis le hauts des remparts naturels. Pour les plus motivés deux options s’offrent à vous: une petite marche de 45 min aller/retour suffit pour une immersion dans cet univers désertique jusqu’au Formica Léo (c’est ce que nous avons fait), pour ceux qui ont minimum trois heures devant eux, l’ascension (plutôt simple m’a t’on dit) peut commencer. Nous ne l’avons pas fait, mais pour avoir connu une aventure similaire sur le volcan Tongariro en Nouvelle-Zélande, marcher de nuit à la lueur de la lune pour atteindre le sommet du cratère juste avant le lever du soleil sera certainement une des plus belles expérience de votre vie.

 
 
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On doit l’avouer, notre choix de ne pas faire la randonnée jusqu’au cratère était une question de temps. Notre unique nuit au Palm hôtel & Spa n’attendait que nous et la perspective de profiter d’au moins une heure de farniente dans un cadre superbe, avant que les derniers rayons du soleil ne disparaissent a été plus forte. 

 
 
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Jour 6 - les mystères de l’ouest

Si vous me suivez toujours, La Réunion c’est? L’île intense. Bravo. Du coup on s’est dit qu’un canyoning en ce sixième jour, ne ternirait en rien sa réputation.

Chutes d’eau en tout genre sont légion à la Réunion (cascades ou ravines), il était normal d’en choisir une des plus belles, en tout cas parmi celles connues des touristes, pour débuter notre descente: la cascade Langevin. Bien évidemment, je soupçonne fortement les locaux de ne pas dévoiler leurs paradis secrets mais c’est comme ça, une cascade ou un bassin naturel, c’est comme un coin à champignons, ça se partage pas!

Pour une belle entrée en matière, Quentin qui nous accompagne, nous propose une tyrolienne. Si ce n’est pas déjà fait, je vous invite à découvrir la magnifique performance de Tamara sur mon compte Instagram dans la story du voyage enregistrée « À la une ». 

Nous voilà dans le grand bain. Une succession de sauts nous attend pour mon plus grand plaisir et au final, celui de Tam, qui une fois qu’elle a surmonté la désagréable sensation de l’eau qui rentre dans son nez à chaque réception de saut, s’est pâmée devant la beauté qui nous entourait. Un cadre digne de Jurassic Park, comme perdus dans une végétation équatoriale alors que la route étroite qui nous a mené jusqu’ici se trouve à une vingtaine de mètre au dessus de nos têtes. On m’aurait même entendu m’écrier « Plus beau que la Corse! ». C’est vous dire. Heureusement pour moi, il n’y a pas de preuves… 

 
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Et comme l’eau ça creuse, j’ai pu enfin toucher le graal. Enfin… goûter le graal de La Réunion, qui m’a été promis depuis le début du voyage: Un rougail saucisse. Un délice dégusté au bord de la rivière, pour moins de 6 euros. Heureusement pour moi encore une fois, j’ai (presque) arrêté de manger de la viande il y a seulement 6 mois. 

C’est rassasiés qu’on retourne à l’Ouest pour une activité et une rencontre aussi touchante qu’inattendue.

Si je vous dit: Lasso, chapeau, cheval et husky vous me dites? Un cowboy avec un husky. Bravo. Encore une fois. Et oui, parcequ’à La Réunion, rien n’est comme ailleurs, le chien du grand nord se sent comme une coq en pâte dans l’hémisphère Sud à courir 30km par jour sans s’user les pattes ni perdre le Nord et… à monter à cheval. Oui, le chien. Et fier comme un coq. Sur le cheval d’un cowboy sans vaches mais avec un lasso et un chapeau donc c’est tout comme.

 Lui, avec son chapeau, c’est Manou, la sagesse d’âme millénaire d’un amérindien et le sourire espiègle d’un gamin de 10 ans. Lui, avec ses yeux bleus, c’est Nook, rescapé d’une vie d’errance par le type au chapeau sur le bord de la route. Et comme si tout ça ne suffisait pas pour débuter l’écriture d’un bon roman, je vous rajoute le contexte. Toute cette belle histoire se déroule dans une savane. Et oui, les fameux micros-climats du début, ce n’était pas une blague.

 
 
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Ce genre de rencontre, la vie en permet peu, il faut donc les chérir. Monter à cheval dans un paysage enflammé par le soleil qui décline, sous un ciel menaçant qui semble avoir été peint pour l’occasion, c’est quelque chose. Mais ce n’est rien encore comparé à l’intimité d’un instant partagé autour du feu, éclairé de confidences et d’émotions projetées sur les pupilles par la flamme d’une lampe malgache. 

Il nous faut déjà rentrer car demain nous devrons partir découvrir l’Est de l’île.

 

À noter:

  • Envie de sensations fortes? Adrenal’île vous propose du canyoning pour tous les niveaux. 

  • Pour vivre cette balade à Cheval avec Manou c’est au SHAI ENA à Saint-Gilles, que ça se passe. 


 
 

Jour 7 - EN Route vers Salazie

Au réveil, le jour révèle le plus bel hôtel que nous ayons vu jusqu’à présent: Le Saint Alexis.

Un vrai concept architectural habite ce lieu construit dans les années 80 dont la vie est entièrement tourné vers l’immense piscine qui en est le coeur. À la manière d’un Corbusier ou d’un Bofil on retrouve une vraie réflexion esthétique et sociale qui invite les vacanciers à se rencontrer. Un hôtel authentique, qui ravira les amoureux du vintage de luxe. 

 
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Cette journée sera plus calme que les précédentes. Lentement remis de nos émotions de la veille, on fera plusieurs stops sur la route qui nous mène au cirque de Salazie. Après nous avoir offert un détour vers une superbe cascade qui n’était pas prévue au programme, Phillipe nous propose de visiter la vanilleraie de Sainte-Suzanne. Avec une grande curiosité, nous avons découvert le long processus de fabrication de cette épice de luxe puisqu’elle est la deuxième épice la plus chère au monde après le Safran! Un artisanat de qualité, des gestes précis et beaucoup de patience sont encore une fois nécessaires pour permettre à La Réunion de produire l’excellence face à la concurrence.

 
 
 
 

Le temps se gâte alors que l’on progresse vers le Cirque de Salazie pour rejoindre le petit village d’Hell-Bourg où nous passerons la nuit. La brume se fait de plus en plus présente mais nous laisse l’occasion d’admirer en chemin l’impressionnante Cascade blanche et les mille nuances de verts proposées par une végétation de plus en plus dense. Classé parmi les plus beaux villages de France, voici Hell-Bourg qui nous charme au premier coup d’oeil par son authenticité et ses maisons créoles typiques.

L’accumulation de fatigue des jours précédents et le temps maussade nous pèsent un peu, alors nous pressons le pas pour nous réfugier au chaud au Jardin d’Héva, le petit havre de paix créole qui nous accueillera pour la nuit. L’envie de nous relaxer et de profiter prendra le dessus, nous laissons au placard nos caméras et appareils photos pour la soirée. Un délicieux buffet créole remplira les corps. Un (plusieurs) rhum arrangés et une riche discussion avec Phillipe pour refaire le monde remplira les têtes. 

 
 
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À noter: 

  • Hell-Bourg mérite vraiment que l’on s’y attarde plus que nous ne l’avons fait. Point de départs de plusieurs randonnées, on y trouve aussi un musée de la Musique et instruments de l’Océan Indien, ainsi que la Maison Folio qui vous enrichira de tout son savoir sur la culture créole d’antan. Un minimum de 2 jours sur place nous semble raisonnable.


 
 

Jour 8 - Apprendre à cuisiner créole

Une nouvelle journée d’hédonisme se profile. Comme si nous n’avions pas déjà suffisamment été conquis par la grandeur d’âme et d’esprit des réunionnais que nous avons rencontrés jusque là, nous rejoignons Monsieur Phillipe Morel pour suivre ce qui s’intitule sobrement un « atelier de cuisine créole » dans les hauteurs de Sainte-Rose à l’extrême Est de l’île.

Je ne vous referais pas le coup du Cowboy avec un exercice de style pour vous coucher sur le papier toute l’admiration que nous avons éprouvé pour cet homme. Une nouvelle force tranquille, poignante d’humanité nous a pris sous son aile pour quelques heures. Agriculteur, retiré dans son palais de bois au milieu des champs de cannes à sucre et pléthore de plantations dont il connait absolument tout, Phillipe est homme de partage. Homme valeureux, connecté à la Nature par la racine de son être et du passé qui coule dans ses veines, c’est avec bienveillance et sérénité qu’il nous ouvre les portes de son jardin. Le résumé du monde dont parlait Phillipe, l’autre Phillipe, est là. Sous sa forme originelle, le monde nous invite à lui prélever ce dont nous avons besoin pour préparer ce qui fondera le lien qui nous unira le temps d’un repas.

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Inutile pour nous d’essayer d’en retenir les recettes, aucun temple de la consommation en métropole ne nous permettrait d’en retrouver les ingrédients. Et même si c’était possible, le bilan carbone de notre assiette importée des quatre coins du monde serait un crime. 

Un dernier aurevoir, aux deux Phillipe cette fois, et notre voyage à La Réunion touche à sa fin. Des images, des histoires et des saveurs plein la besace on rebrousse chemin direction l’Ouest. 

Sur la route on prend conscience d’un sentiment caractéristique de La Réunion. Depuis les routes principales, rien de dépaysant pour un métropolitain. Dans la signalisation, les ronds points et les enseignes des zones commerciales qui défilent résonne un quotidien bien français. Il suffit alors de quitter les sentiers battus pour que l’inconnu et le sentiment de voyage au bout du monde s’empare de vous.

Le lendemain, on ira tout de même contempler un dernier lever de soleil au Piton Maïdo, un must-do des guides touristiques avant de rejoindre l’aéroport.

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C’est en attendant dans le hall d’embarquement que je fais le bilan de ce voyage riche en enseignements. Je ne sais toujours pas si La Réunion est un résumé du monde, il me reste beaucoup à voir pour en juger. Ce que je sais en tout cas, c’est que la fierté que portent les réunionnais de leur multiculturalisme et leur altruisme est certainement une vision du monde que l’on aimerait partager plus souvent.

 

S’ORGANISER AVANT DE PARTIR

Vous envisagez un voyage à La Réunion? Allez faire un tour sur le site officiel de l’office de tourisme, vous trouverez toutes les infos dont vous aurez besoin pour organiser un séjour aussi (et même plus encore) riche et intense que le notre. Activités, hébergements, restaurants, infos utiles… et même les randonnées sont répertoriées sur le site: www.reunion.fr . Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses!

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